de Robert Redford
Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h03
Sortie cinéma française : 20 janvier 1993
Nationalité : Film américain
Tous publics
L'histoire de deux frères, Norman et Paul Maclean, élevés au début du siècle sous le signe de la religion presbytérienne et de la pêche à la mouche, deux disciplines d'une égale rigueur qui façonneront leur vision du monde.
La carrière de l'acteur américain Brad Pitt, qui outre ses qualités de comédien, s'est entourré d'une renommée internationale fondée sur son physique de playboy, peut indéniablement être scindée en deux catégories. Cette décomposition en deux parties de la filmographie de l'acteur semble, en effet, être marquée par la tournure de la carrière du comédien qui s'est apparemment radicalement réorientée à l'occasion du changement de siècle (et de millénaire).
On remarque, ainsi, que avant les années 2000, lBrad Pitt se retrouvait fréquemment à l'affiche de films brillants, et majoritairement à caractère dramatique comme dans les oeuvres Thelma et Louise, Légendes d'automne, Sleepers ou Sept ans au Tibet, ou bien dans des thrillers percutants, inventifs et novateurs tels que Seven, L'Armée des 12 singes et Fight club. Bien que pour Brad Pitt, l'arrivée du XVIème siècle, se soit accompagnée de son insertion dans l'univers de la comédie - Et où sa participation attirerait des spectateurs, contrairement aux quelques comédies auxquelles il avait joué en début de carrière -, ce qui lui a permis de jouer dans le remarquable Ocean's eleven, force est de constater que entre Le Mexicain, qui était pathétique ou Mr. & Mrs. Smith, qui reste sympathique, mais qui ne peut nullement rivaliser avec ses films précédents, la carrière de l'acteur ne semble plus trouver l'inspiration de ces débuts, et ce ne sont pas des films vides et commerciaux comme Troie qui peuvent combler le manque évident d'oeuvres prestigieuses et admirables.
Dans la lignée des oeuvres magnifiques avec Brad Pitt, on peut incontestablement citer le troisième long métrage de Robert Redford intitulé Et au milieu coule une rivière. A l'image de la beauté et de la grâce de ce titre, le film de Robert Redford, adapté du roman autobiographique de Norman Maclean, se dévoile comme une oeuvre somptueuse dont le charme et l'émotion atteignent le spectateur avec intensité. De part l'élégance du récit, il est difficile de ne pas s'attacher à ce film qui retrace, avec une délicatesse remarquable, de même qu'avec un lyrisme exemplaire, la vie d'une famille du début du XXème sicèle. Sans se montrer véritablement exceptionnel, ni vraiment doté d'une réelle originalité, le scénario demeure pourtant passionnant et c'est dans la simplicité et la mise en avant des personnages aussi humains que touchants, que cette somptueuse histoire prend toute son ampleur et son importance. A la manière d'un film intimiste, Et au milieu coule une rivière dépeint, de ce fait, avec profondeur et complexité, le portrait d'une famille très liée en insistant sur les relations et les sentiments de chacun d'eux. Souvent poignant, mais surtout bouleversant, le film de Robert Redford s'impose comme une oeuvre remarquable et émouvante, qui s'intensifie encore grâce à une narration calme, chaleureuse et rassurante qui rappelle, avec nostalgie, l'enfance et les plaisirs de la vie, avant d'être brutalement interrompus par une réalité barbare, celle dominée par les humains. Aisément comparable à un hymne à la vie, Et au milieu coule une rivière apparaît comme un film magnifique qui se regarde autant pour le plaisir visuel, dont la beauté des images et des décors naturels impressionnants nous immerge, que pour la grandeur et la magnificence de cette histoire. C'est bien évidemment grâce aux trois interprètes principaux incarnés à la perfection et avec émotion par Brad Pitt, Craig Sheffer (Les Ailes du courage, Turbulences 2) et Tom Skerritt (Alien, le huitième passager, Les Larmes du soleil) que ce film est pourvu d'une telle intensité et que l'on soit passionné avec une telle ardeur. On pourrait néanmoins reprocher à Robert Redford d'avoir réalisé son film selon très procédés très académiques, notamment au niveau de la mise en scène. Toutefois, l'originalité d'avoir ponctué cette mise en scène très classique par de belles photographies dans le style des années 30, permet à Et au milieu coule une rivière de se distinguer et de demeurer un beau moment de cinéma, qui est de plus agrémenté de gracieuses musiques composées par Mark Isham (Save the last dance, Collision).
Note film : 5/5




