de Isabel Coixet
Genre : Drame
Durée : 1h52
Sortie cinéma française : 19 avril 2006
Nationalité : Film américain, espagnol
Tous publics
Un lieu isolé au milieu de la mer. Une plateforme pétrolière où ne vivent que des hommes, ceux qui y travaillent, et où vient d'avoir lieu un accident.
Une femme mystérieuse et solitaire, essayant d'oublier son passé, débarque sur la plateforme pour soigner un homme qui a temporairement perdu la vue. Entre eux se crée une étrange intimité, un lien fait de secrets, tissé de vérités, de mensonges, d'humour et de souffrance, qui ne les laissera pas indemnes et changera leur vie.
Remarquée, en 2003, autant par la presse que par les spectateurs grâce à son oeuvre bouleversante largement plébiscitée Ma vie sans moi, la réalisatrice espagnole Isabel Coixet est alors considérée comme une cinéaste de talent et très prometteuse.
Trois années après le succès de Ma vie sans moi, la réalisatrice refait surface avec le cinquième long métrage de sa carrière intitulé The Secret life of words qui a été, une fois de plus, réalisé sous l'oeil attentif du maître du cinéma espagnol, à savoir Pedro Almodovar (Talons aiguilles, Parle avec elle).
A l'image de son précédant film, Isabel Coixet a signé une oeuvre magistrale, bouleversante et marquante qui inonde le spectateur d'une émotion d'une rare intensité et d'une sincérité remarquable. Comme à son habitude, la réalisatrice s'intéresse à un personnage féminin doté d'une certaine complexité psychologique et la dépeint avec beaucoup de profondeur, mais surtout avec une extrême sensibilité. C'est au travers d'un scénario pourvu d'une grande délicatesse et d'humanité que l'on découvre, avec tendresse, ce personnage féminin tourmenté que l'on aperçoit, d'abord, rongé par la solitude, et par le désespoir. Sans savoir quelle est la source de la désillusion et de la tristesse du personnage, la jeune femme se dévoile au fur et à mesure du déroulement du film, tout en bouleversant véritablement le spectateur. Retrouvant peu à peu le sourire au contact d'un homme blessé aussi bien par la vie, et par conséquent psychologiquement, que physiquement, autrement dit de la manière que cette jeune femme (lui est aveugle, elle est sourde), une histoire d'amour tout à fait improbable naît entre les deux et redonne des couleurs et de l'optimisme aux deux êtres égarés. C'est avec une immense pudeur et beaucoup de sincérité que cet amour est décrit, de la même façon que les deux personnages qui se révèlent doucement à la lueur d'une vie dépourvue de joie. Bien plus q'une simple histoire d'amour, The Secret life of words est un drame intimiste qui puise toute sa force dans la complexité des personnages et dans ses différents thèmes abordés qui forment l'essence même de l'humanité, en s'intéressant notamment à la solitude, la culpabilité, l'amour et l'amitié. Se présentant également comme un grand moment de réflexion, The Secret life of words se montre véritablement poignant notamment parce qu'il aborde, avec pudeur et émotion, les atrocités de l'histoire presque méconnue de l'Europe de l'Est. Au delà du message pessimiste de l'homme qui demeure cupide et barbare (aucun la vie ou la nature), Isabel Coixet signe un film poétique et plein d'espoir. Grâce à une mise en scène proche de celle d'un documentaire qui insiste sur tous les thèmes abordés, The Secret life of words nous interpelle véritablement. Néanmoins, l'un des aspects les plus réussis de ce film reste la prestation des acteurs. En effet, magnifiquement interprété par Sarah Polley, qui après avoir étonné dans Ma vie sans moi, se montre tout aussi convaincante avec une prestation toute en retenue, et par Tim Robbins (Mission to Mars, La Guerre des mondes), que l'on découvre plus humain et plus touchant que jamais, The Secret life of words se définit assurément comme un grand moment de cinéma, à la fois émouvant et fort, ainsi que subtil et passionnant.
Note film : 4/5
