de Richard Loncraine
Genre : Thriller
Durée : 1h44
Sortie cinéma française : 5 avril 2006
Nationalité : Film américain
Tous publics
Jack Stanfield est l'un des meilleurs experts en sécurité informatique des Etats-Unis. Cadre supérieur d'une grande banque de Seattle, il a mis au point un "pare-feu" ultrasophistiqué, qu'aucun hacker n'a jamais réussi à pénétrer.
Depuis plusieurs mois, sa famille est espionnée à son insu par un chef de bande aussi ingénieux que déterminé. L'homme qui se fait appeler Bill Cox connaît tout de Jack, sa femme Beth et leurs deux enfants. Et il est maintenant prêt à récolter le fruit de son labeur.
A la tête de six hommes armés, le gangster force la porte des Stanfield et prend en otages Beth et les enfants. Pour sauver sa famille d'une mort certaine, Jack va devoir neutraliser son propre firewall, détourner 100 millions de dollars et les virer avant 24 heures sur le compte off-shore de Cox...
A l'heure actuelle où le cinéma hollywoodien multiplie les oeuvres politiques et engagées (Lord of war, Munich) et tente d'insuffler au spectateur des valeurs moins traditionnelles et moins rigides pour laisser place à des supports bien plus ouverts culturellement et bien moins stéréotypés (Mulholland drive, Le secret de Brokeback Mountain), certains producteurs privilégient encore les réalisations plus classiques qui n'ont aucun autre intérêt que de se révéler comme un divertissement ni plus, ni moins.
C'est dans cette lignée de films conventionnels que s'inscrit Firewall, qui est signé Richard Loncraine, à qui l'on doit notamment la comédie sympathique La plus belle victoire. A l'image de son précédent film, Richard Loncraine a réalisé une oeuvre dénuée d'originalité et qui ne contient aucune profondeur, de même qu'il ne s'apparente nullement à une novation cinématographique. Mais, le cinéaste n'en a pas la prétention et se satisfait de proposer au spectateur un thriller qui semble incontestablement désuet, mais qui n'en demeure pas moins efficace. En effet, le scénario se montre très prévisible et il n'est guère difficile de deviner la tournure de certains évènements et surtout de supposer très justement le dénouement de cette histoire emprunte d'une pesante impression de déjà vu. Il est vrai que cette histoire qui allie un braquage de banque à une de prise d'otage rappelle indéniablement bons nombres de thrillers du genre et il y en a tant qu'il est inutile de les énumérer. Ajouté à cette trame éculée qui manque clairement d'audace, on peut encore repérer d'innombrables défauts comme des personnages à la limite du supportable étant donné qu'ils représentent, chacun d'entre eux, un stéréotype exorbitant et qu'ils sont dotés de personnalités très creuses. On retrouve ainsi le merveilleux modèle de la famille américaine directement issu du rêve américain avec une femme, un mari, ses deux enfants - Bien évidemment une fille et un garçon - et son chien, tout ceux-là installés dans une belle maison au bord de l'océan. Bien sûr, face à cet énorme cliché, "le clan des méchants" en regroupe tout autant avec une forte impression de manichéisme, à commencer par le grand caïd véreux et abominable qui n'accorde aucune importance à l'humanité, et par ses disciples à l'intelligence aussi développée que dans les premiers jeux vidéo utilisant maladroitement l'intelligence artificielle. Il est donc impossible de passer outre ces aspects regrettables, c'est certain. Et pourtant, à partir du second quart d'heure et jusqu'à la fin, le spectateur est tenu intensément en haleine et son état de stresse ne fait que s'amplifier au fur et à mesure du déroulement grâce à des rebondissements aussi nombreux que variés et à une rythme soutenu qui permet au film d'éviter d'ennuyer le spectateur. Firewall se dévoile effectivement comme un thriller qui manque cruellement d'originalité et qui paraît bien dénué d'intérêt comparé à toutes les oeuvres engagés qui sortent de nos jours. Néanmoins, force est de constater que au vu du suspense qui est à son comble durant près de deux heures, du résultat est riche en péripéties et de la prestation convaincante et charismatique d'Harrison Ford (Star Wars, Indiana Jones) face à un Paul Bettany (Dogville, La plus belle victoire) en manque d'inspiration, ce film reste un divertissement efficace qui a de quoi assouvir le besoin d'adrénaline de certains et qui parvient à accrocher le spectateur. On regrette toutefois finalement une mise en scène très académique et une réalisation légèrement fade.
Note film : 3/5




