de Michel Hazanavicius
Genre : Comédie, Espionnage, Action
Durée : 1h39
Sortie cinéma française : 19 avril 2006
Nationalité : Film français
Tous publics
Égypte, 1955, le Caire est un véritable nid d'espions.
Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du Roi déchu Farouk qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, secte religieuse qui veut prendre le pouvoir. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l'ordre dans cette pétaudière au bord du chaos : Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117.
C'est un fait, depuis l'arrêt de la mini série Un gars, une fille, anciennement diffusée sur la chaîne de télévision France 2, l'acteur Jean Dujardin a parcouru beaucoup de chemin pour changer définitivement de statut et passer de la star du petit écran à la figure nationale incontournable du grand écran.
Entre la comédie policière (Bienvenue chez les Rozes, L'Amour aux trousses), la comédie romantique (Mariages !), la comédie théâtrale en costumes (Il ne faut jurer de rien !) ou même le drame (Le Convoyeur), Jean Dujardin s'est très nettement illustré, avec brio, dans des rôles très diverses, de quoi démontrer toute l'ampleur de son talent, même si le comédien s'oriente, tout de même, majoritairement vers une carrière misant avant tout sur la comédie, qui vise apparemment plus à atteindre le jackpott que la qualité comme en témoigne le désastreux Brice de Nice.
Au vu du statut très médiatisé de Jean Dujardin et surtout au vu du ton décalé qu'il a pu exercé à de nombreuses reprises, il était presque évident que le comédien soit choisi pour interpréter le personnage de OSS 117, dans la version cinématographique des années 2000. Adapté du roman éponyme de Jean Bruce, OSS 117, Le Caire nid d'espions s'apparente à une parodie des films d'espionnage et notamment de la saga James Bond, mais se présente également comme le neuvième long-métrage des aventures de cet agent secret qui ont débuté en 1955 sous le nom de OSS 117 n'est pas mort. Le dernière épisode de la saga OSS 117 étant sorti dans les salles en 1970 (OSS 117 prend des vacances), cette nouvelle version semble plutôt être assimilée à un remake et à dépoussiérage de ces films d'espionnage que véritablement une suite. Il faut bien l'avouer, Jean Dujardin est parfait dans la peau de ce James Bond parodié autant parce qu'il a le charme et la carrure nécessaire lui permettant aisément d'être comparé au célèbre agent "so british", que parce qu'il use de son humour déjanté et totalement irrésistible pour apporter à cette comédie, un ton décalé délicieux et un brin de folie tout à fait jouissif. De plus, grâce à quelques situations cocasses, à des gags rythmés et amusants, mais surtout à des références en tous genres, à commencer par des clins d'oeil à James Bond et à Indiana Jones, OSS 117, Le Caire nid d'espions se dévoile assurément comme un véritable plaisir aussi bien pour les amateurs de films d'espionnage, que de comédies, ou encore pour les nostalgiques des films à l'ancienne. D'ailleurs, pour rendre un véritable hommage aux films d'espionnage et d'aventure des années 1950, on ne peut qu'applaudir la magnifique maîtrise technique qui se rapproche pleinement et avec minutie de l'ambiance des oeuvres d'après guerre. La mise en scène plonge, de ce fait, à la perfection le spectateur dans l'univers des années 50 à la fois théâtral et doté d'un certain statisme. De même, la photographie retranscrit brillamment l'ambiance de cette époque avec des couleurs très sobres et des tons très kitch qui lui donnent volontairement un esprit désuet. Malheureusement, bien que la prestation de Jean Dujardin soit magistrale, bien que le burlesque soit souvent propice à de fous rires et bien que la technique du film soit habilement travaillée, on ne peut que reprocher à OSS 117, Le Caire nid d'espions, son scénario très creux et très prévisible, qui malgré quelques rebondissements dignes de ce nom, demeure d'une grande limpidité et surtout prétexte à un enchaînement de gags. En outre, même si l'humour parvient amplement à faire sourire le spectateur, notamment grâce à des répliques hilarantes, certains gags se montrent véritablement débiles et frôlent souvent le ridicule. Finalement, Michel Hazanavicius a signé une comédie d'espionnage tout à fait réussie qui multiplie les références et s'apparente à un véritable hommage au cinéma des années 50. Malheureusement ni l'humour pourtant irrésistible et décalé, ni l'interprétation déjantée de Jean Dujardin ne permettent à ce film de captiver le spectateur, aussi bien parce que le burlesque assomme, que parce que l'histoire manque d'entrain et qu'elle aurait méritée d'être plus étoffée.
Note film : 3/5




