Jean Dujardin se prend pour James Bond!

Jean Dujardin se prend pour James Bond!
OSS 117, Le Caire nid d'espions
de Michel Hazanavicius

Genre : Comédie, Espionnage, Action
Durée : 1h39
Sortie cinéma française : 19 avril 2006
Nationalité : Film français
Tous publics

Égypte, 1955, le Caire est un véritable nid d'espions.
Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du Roi déchu Farouk qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, secte religieuse qui veut prendre le pouvoir. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l'ordre dans cette pétaudière au bord du chaos : Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117.


C'est un fait, depuis l'arrêt de la mini série Un gars, une fille, anciennement diffusée sur la chaîne de télévision France 2, l'acteur Jean Dujardin a parcouru beaucoup de chemin pour changer définitivement de statut et passer de la star du petit écran à la figure nationale incontournable du grand écran.
Entre la comédie policière (Bienvenue chez les Rozes, L'Amour aux trousses), la comédie romantique (Mariages !), la comédie théâtrale en costumes (Il ne faut jurer de rien !) ou même le drame (Le Convoyeur), Jean Dujardin s'est très nettement illustré, avec brio, dans des rôles très diverses, de quoi démontrer toute l'ampleur de son talent, même si le comédien s'oriente, tout de même, majoritairement vers une carrière misant avant tout sur la comédie, qui vise apparemment plus à atteindre le jackpott que la qualité comme en témoigne le désastreux Brice de Nice.

Au vu du statut très médiatisé de Jean Dujardin et surtout au vu du ton décalé qu'il a pu exercé à de nombreuses reprises, il était presque évident que le comédien soit choisi pour interpréter le personnage de OSS 117, dans la version cinématographique des années 2000. Adapté du roman éponyme de Jean Bruce, OSS 117, Le Caire nid d'espions s'apparente à une parodie des films d'espionnage et notamment de la saga James Bond, mais se présente également comme le neuvième long-métrage des aventures de cet agent secret qui ont débuté en 1955 sous le nom de OSS 117 n'est pas mort. Le dernière épisode de la saga OSS 117 étant sorti dans les salles en 1970 (OSS 117 prend des vacances), cette nouvelle version semble plutôt être assimilée à un remake et à dépoussiérage de ces films d'espionnage que véritablement une suite. Il faut bien l'avouer, Jean Dujardin est parfait dans la peau de ce James Bond parodié autant parce qu'il a le charme et la carrure nécessaire lui permettant aisément d'être comparé au célèbre agent "so british", que parce qu'il use de son humour déjanté et totalement irrésistible pour apporter à cette comédie, un ton décalé délicieux et un brin de folie tout à fait jouissif. De plus, grâce à quelques situations cocasses, à des gags rythmés et amusants, mais surtout à des références en tous genres, à commencer par des clins d'oeil à James Bond et à Indiana Jones, OSS 117, Le Caire nid d'espions se dévoile assurément comme un véritable plaisir aussi bien pour les amateurs de films d'espionnage, que de comédies, ou encore pour les nostalgiques des films à l'ancienne. D'ailleurs, pour rendre un véritable hommage aux films d'espionnage et d'aventure des années 1950, on ne peut qu'applaudir la magnifique maîtrise technique qui se rapproche pleinement et avec minutie de l'ambiance des oeuvres d'après guerre. La mise en scène plonge, de ce fait, à la perfection le spectateur dans l'univers des années 50 à la fois théâtral et doté d'un certain statisme. De même, la photographie retranscrit brillamment l'ambiance de cette époque avec des couleurs très sobres et des tons très kitch qui lui donnent volontairement un esprit désuet. Malheureusement, bien que la prestation de Jean Dujardin soit magistrale, bien que le burlesque soit souvent propice à de fous rires et bien que la technique du film soit habilement travaillée, on ne peut que reprocher à OSS 117, Le Caire nid d'espions, son scénario très creux et très prévisible, qui malgré quelques rebondissements dignes de ce nom, demeure d'une grande limpidité et surtout prétexte à un enchaînement de gags. En outre, même si l'humour parvient amplement à faire sourire le spectateur, notamment grâce à des répliques hilarantes, certains gags se montrent véritablement débiles et frôlent souvent le ridicule. Finalement, Michel Hazanavicius a signé une comédie d'espionnage tout à fait réussie qui multiplie les références et s'apparente à un véritable hommage au cinéma des années 50. Malheureusement ni l'humour pourtant irrésistible et décalé, ni l'interprétation déjantée de Jean Dujardin ne permettent à ce film de captiver le spectateur, aussi bien parce que le burlesque assomme, que parce que l'histoire manque d'entrain et qu'elle aurait méritée d'être plus étoffée.

Note film : 3/5

# Posté le mercredi 19 avril 2006 13:45
Modifié le jeudi 20 avril 2006 17:41

Le Zorro du futur...

Le Zorro du futur...
V pour Vendetta
de James McTeigue

Genre : Science fiction, Fantastique
Durée : 2h10
Sortie cinéma française : 19 avril 2006
Nationalité : Film américain
Tous public

Londres, au 21ème siècle...
Evey Hammond ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n'aspirait qu'à l'anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans.
Une nuit, alors que deux "gardiens de l'ordre" s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur. Et rien ne fut plus comme avant.
Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de "V". Evey ne connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d'une vie sans amour...


Non, Hollywood n'en a pas encore fini avec les histoires de supers héros et avec les blockbusters adaptés de bandes dessinées éditées sous la forme d'une série d'aventure que l'on retrouve souvent de manière mensuelle ou trimestrielle, et depuis bien des décennies, comme celles issues de Marvel, de Comics ou de DC Comics.
Cependant, pourquoi les studios américains devraient-ils mettre un terme à ce phénomène cinématographique si lucratif, qui malgré quelques rares échecs commerciaux (Catwoman, Elektra), s'avèrent très souvent à l'origine de bénéfices considérables pour les producteurs comme en témoignent les très plébiscités, mais également très rentables X-Men, Spider-man, Blade ou Batman.

Après la transposition tout à fait réussie du monde des mutants à celui du cinéma grâce aux films X-Men, signés Bryan Singer, puis l'implication très personnelle de Sam Raimi dans l'entreprise, menée à la perfection, de ressusciter l'homme araignée pour le septième art, ou encore la vision très sombre et cynique de Hellboy, née sous la direction de Guillermo Del Toro, c'est cette fois-ci, une partie de l'équipe à l'origine de la trilogie Matrix qui s'est attelée à l'adaptation cinématographique d'une bande dessinée. V pour Vendetta s'affiche ainsi comme l'interprétation cinématographique de la bande dessinée éponyme, créée en 1981, plus célèbre aux Etats-Unis qu'en France, mais qui devrait rapidement trouver son public dans l'hexagone à la suite de ce film. Ecrit par les frères Wachowski dont la notoriété repose essentiellement sur la trilogie Matrix, devenue culte, et la réalisation confiée à James McTeigue, l'assistant réalisateur de cette même saga, garantissent déjà à V pour Vendetta un critère de qualité s'appuyant sur une équipe gagnante. Et le résultat est loin de se montrer décevant, bien au contraire, il parvient à atteindre toutes nos espérances aussi bien sur le fond que sur la forme. Tout d'abord, grâce à un scénario de science-fiction brillamment rédigé et respectant scrupuleusement les grandes lignes de la bande dessinée originelle, cette nouvelle production des frères Wachowski se révèle tout simplement captivante et entraîne le spectateur avec entrain et beaucoup de rythme dans une intrigue à policière et fantastique aussi mystérieuse que passionnante. Bien évidemment, composé d'un certain suspense angoissant en raison de son trame énigmatique et d'une bonne d'adrénaline grâce à l'ajout de quelques scènes d'action, pimentées par des combats comme on les aime, V pour Vendetta a de quoi séduire un large public, aussi bien attiré par les films dans lesquels on ne s'ennuie pas, que les amateurs de l'oeuvre originale. Néanmoins, il faut se méfier des apparences et ceux qui ne réclament que de l'action risquent de rester sur leur faim, car V pour Vendetta privilégie la réflexion et l'intelligence, et accorde une place bien inférieure aux scènes de combat et aux cascades spectaculaires que bon nombres d'oeuvres habituelles relatant les aventures des supers héros. Doté à la fois, de nombreuses références à l'histoire de l'humanité et notamment à l'idéologie nazie, de même et surtout qu'une vision pessimiste de l'homme et de sa volonté hégémonique ou sa soif de pouvoir, ce film semble s'éloigner amplement du divertissement pour laisser place à un film engagé, et pertinent qui dénonce l'abus, les escroqueries et la corruptions au niveau gouvernemental. Cette accusation contre l'état qui tente de s'imposer et surtout de s'enrichir toujours plus, n'est pas nouvelle, c'est certain, et le fait de décrire une situation future dans laquelle l'état règne à la manière d'une dictature et à l'encontre de la liberté n'est pas novatrice non plus, mais elle demeure convaincante et troublante. Et cette impression est d'autant plus présente que si les prémices de la mise en place d'une telle politique arbitraire semblent encore faire parti de l'impossible, le film insiste sur l'une des influences mondiales actuelles dont l'état, quelque soit le pays, dirige presque totalement, ce sont bien évidemment, les médias qui malgré les lois demeurent, très souvent censurées. L'un des autres aspects très intéressants de cette oeuvre, est indubitablement d'aborder les actes et les personnages de façon à induire la réflexion et les débats puisque les limites du terrorisme et de l'héroïsme, du bien et du mal s'affrontent souvent, sans jamais condamner l'un ni l'autre, mais en posant des questions et en suscitant, de ce fait, un intérêt philosophique. Par ailleurs, V pour Vendetta se dévoile comme un film visuellement très travaillé. C'est notamment la mise en scène très stylisée et parfaitement maîtrisée de James McTeigue qui permet au film d'être ancrer plus facilement dans le sujet. Et si l'on sent très nettement l'inspiration post-Matrix se concrétiser, ici, au risque de paraître parfois désuet après d'innombrables films ayant repris, par exemple, l'effet bullet time (ralentis à la Matrix), nombreux angles de caméras sont d'une telle beauté que l'on en oublie les petits défauts. D'autre part, la photographie particulièrement sombre maintient une impression de technique irréprochable. V pour Vendetta s'apparente ainsi à un film très réussi sur tous les plans, mais dont les acteurs, pourtant d'ordinaire très à l'aise comme Natalie Portman (Stars Wars 3, Garden State), qui manquent cruellement de conviction et de vivacité plomberaient presque tous les efforts fournis par l'équipe technique.

Note film : 4/5

# Posté le mardi 18 avril 2006 16:19
Modifié le jeudi 20 avril 2006 05:04

Votre film préféré avec Denzel Washington!

Votre film préféré avec Denzel Washington!
Denzel Washington (Né le 28 Décembre 1954)


L'acteur

Denzel Washington entreprend des études de biologie à la Fordham University, puis se tourne vers le théâtre. Il suit deux ans de formation à l'American Conservatory Theatre de San Francisco et joue à la fois les grands classiques et les pièces contemporaines, comme "When the chickens come home to roost", où il incarne déjà "Malcolm X". Il fait ses premières armes à la télévision en 1977 dans Wilma de Bud Greespan. Après un début au cinéma dans Carbon copy (1981), il tourne A soldier's story (Norman Jewison, 1984). Le personnage de Steve Biko, martyr de la lutte anti-apartheid dans Cry freedom (Richard Attenborough, 1987), lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle, récompense qu'il obtiendra finalement deux ans plus tard, pour sa prestation dans Glory (Edward Zwick).

En 1990, il entame une fructueuse collaboration avec Spike Lee, qui lui confie le personnage principal de Mo' better blues. Suivront en 1992 le biopic Malcolm X, une prestation pour laquelle Denzel Washington sera nommé à l'Oscar du Meilleur acteur, et treize ans plus tard le surprenant film de braquage Inside man - l'homme de l'intérieur (2006). En 1993, il revient à Shakespeare avec Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh. La même année, Jonathan Demme le dirige en avocat de la partie civile dans Philadelphia. Denzel Washington incarne par la suite un journaliste d'investigation dans L'Affaire Pélican (Alan J. Pakula, 1993) et le second de Gene Hackman dans USS Alabama (Tony Scott, 1995). Cet acteur s'impose à Hollywood et enchaîne des films aussi divers que Le Diable en robe bleue (Carl Franklin, qu'il retrouvera pour les besoins du polar Out of time) et Bone collector (Phillip Noyce, 1998). Avec Hurricane Carter (1999), il obtient à Berlin l'Ours d'argent du meilleur acteur et une nomination pour l'Oscar.

En 2002, il devient le premier noir américain à remporter l'Oscar du Meilleur acteur depuis Sidney Poitier (en 1964), pour son rôle de flic "pourri" dans Training day. Fort de son expérience devant la caméra, il décide de passer à la réalisation avec un premier long métrage intitulé Antwone Fisher, l'histoire d'un jeune noir de la marine américaine forcé de consulter un psychiatre de la Navy. En tant qu'acteur, Denzel Washington trouve sa voie dans les remakes, comme en témoignent ses prestations dans Man on fire et Un crime dans la tête, deux thrillers sortis en salles en 2004.


Filmographie sélective

2007 - American Gangster de Ridley Scott
2006 - Déjà Vu de Tony Scott
2006 - Inside Man de Spike Lee
2004 - Man On Fire de Tony Scott
2004 - Un Crime Dans La Tête de Jonathan Demme
2003 - Out Of Time de Carl Franklin
2003 - Antwone Fisher de Denzel Washington (Réalisateur, Acteur)
2002 - John Q. de Nick Cassavetes
2001 - Training Day de Antoine Fuqua
2001 - Le Plus Beau Des Combats de Boaz Yakin
1999 - Bone Collector de Phillip Noyce
1999 - Hurricane Carter de Norman Jewison
1998 - He Got Game de Spike Lee
1998 - Couvre-feu de Edward Zwick
1998 - Le Temoin Du Mal de Gregory Hoblit
1996 - A L'Epreuve Du Feu de Edward Zwick
1996 - La Femme Du Pasteur de Penny Marshall
1995 - USS Alabama de Tony Scott
1995 - Programme Pour Tuer de Brett Leonard
1995 - Le Diable En Robe Bleue de Carl Franklin
1993 - Malcolm X de Spike Lee
1993 - Philadelphia de Jonathan Demme
1993 - L'Affaire Pelican de Alan J. Pakula
1992 - Beaucoup De Bruit Pour Rien de Kenneth Branagh
1991 - Mississippi Masala de Mira Nair
1991 - Ricochet de Russell Mulcahy
1990 - Un Ange De Trop de James D. Parriott
1990 - Mo' Better Blues de Spike Lee
1989 - The Mighty Quinn de Carl Schenkel
1989 - Pour La Gloire de Martin stellman
1989 - Glory de Edward Zwick
1987 - Cry Freedom, Le Cri De La Liberte de Richard Attenborough
1986 - Les Coulisses Du Pouvoir de Sidney Lumet
1984 - Soldiers' Story de Norman Jewison
1981 - Carbon Copy de Michael Schultz


Mon avis

Je peux clamer haut et fort que j'adore véritablement Denzel Washington! Je l'ai découvert dans le film Philadelphia et que dire d'autre excepté qu'il m'avait littéralement bluffé! Bien sûr, la prestation de Tom Hanks reste éblouissante. Mais déjà dans le rôle de l'avocat, Denzel Washington s'était montré très convaincant et il émanait déjà de sa personne, beaucoup d'humanité et énormément de charisme. Un charisme que l'on a d'ailleurs pu retrouver tout au long de sa carrière, bien que l'acteur se soit retrouvé très souvent dans des films policiers et qu'il ait été, très souvent, cantonné aux personnages de flics. Néanmoins, la filmographie du comédien demeure de qualité et celui-ci a su s'imposer à Hollywood comme une figure incontournable du cinéma. C'est très certainement le film Philadelphia, avec une petite hésitation pour Inside man, que je préfère de toute la carrière du cinéaste.

Et vous, quel est votre film préféré avec Denzel Washington?
# Posté le samedi 15 avril 2006 11:02
Modifié le samedi 15 avril 2006 11:56

La version Disney de Madagascar!

La version Disney de Madagascar!
The Wild
de Steve Williams

Genre : Animation
Durée : 1h22
Sortie cinéma française : 12 avril 2006
Nationalité : Film américain
Tous publics

Dans un zoo de New York, après la fermeture, une fois que le public est parti et les employés rentrés chez eux, les animaux font la fête...
Lors d'une partie endiablée, le petit Ryan, un lionceau, est malencontreusement propulsé hors du zoo dans une caisse. Pour le récupérer, il va falloir envoyer à l'extérieur, dans l'inconnu, une équipe de secours... Celle-ci sera constituée de Samson, le père de Ryan et roi du zoo, Larry, l'anaconda plus bête que dangereux, Benny, l'écureuil qui en connaît un rayon sur le monde de l'extérieur, Brigitte, une petite girafe futée avec une passion pour les jeux, et d'un koala nommé Nigel, qui ne supporte plus qu'on le trouve "mignon"... Leur odyssée va les conduire dans la jungle urbaine de New York, puis jusque dans la jungle sauvage d'Afrique...


Bien décidé à en faire autant que les studios Pixar, à qui l'on doit les merveilles Toy Story, Monstres et Cie ou Le monde de Nemo, qui avaient annoncé et confirmé leur séparation avec la société Walt Disney, pour être finalement rachetés par celle-ci, à peine un an plus tard, les studios d'animation créés par l'oncle Walt se sont presque intégralement tournés vers l'animation de synthèse, autant pour se démarquer de Pixar, que pour faire face à la principale concurrence connue sous le nom de DreamWorks qui gagne, à chaque nouveau film, un peu plus de part de marché en ce qui concerne l'un des cinémas les plus lucratifs, celui de l'animation.
Presque à l'image d'une guerre déclarée entre les deux sociétés Disney er DreamWorks, amplifiée par une véritable course au numérique et par la recherche des technologies les plus performantes, le spectateur a pu assister à des réalisations très concurrentielles, autant au niveau visuel qu'au niveau scénaristique.

C'est ainsi que le spectateur a vu naître, depuis la fin des années 1990, une déferlante de films d'animation aisément comparables et que l'on peut facilement répertorier par couple, du plus ancien au plus récent : Fourmiz (DreamWorks) et 1001 pattes (Disney); Shrek (DreamWorks) et Monstres et Cie (Disney); Ou encore Le monde de Nemo (Disney) et Gangs de requins (DreamWorks). Il semble donc indéniable d'affirmer que ce nouveau Wild, issu des studios Disney soit une réponse directe au Madagascar des studios DreamWorks, sortis en 2005. On peut d'ailleurs préciser que The Wild apparaît comme la première production intégralement réalisée par la maison Disney, et sans l'aide des studios Pixar, à entrer dans cette compétition directe avec la société fondée, en parti, par Spielberg. Il est évident, que quelque temps après la sortie de Madagascar, The Wild paraît manquer cruellement d'originalité et laisse une impression pesante de déjà vu. De plus, avec un scénario presque à l'identique du film issus des studios DreamWorks, un déroulement totalement similaire, et même une introduction strictement synonyme, on ne peut qu'être outré de voir tant de similitudes et de constater à quel point l'histoire semble finalement, avec exactitude ou presque, la même. Et pourtant, peut-on reprocher à la société Disney d'avoir repris le projet de DreamWorks ou peut-on carrément l'accuser de plagiat? Il est évident que non, puisque née il y a neuf ans au sein des studios Disney, l'idée de The Wild a rapidement été mise en chantier. Néanmoins, il paraît bien difficile de déterminer l'origine de ce projet que l'on retrouve dans les deux sociétés. Malheureusement pour Disney, The Wild a été distribué en salles, bien après Madagascar et souffre, de ce fait, immanquablement des comparaisons avec son aîné, qui était particulièrement drôle et inventif. Doté d'un humour bien plus édulcoré et de l'absence quasi-totale de l'esprit déjanté et décalé qui régnait dans la production DreamWorks, ce Disney paraît bien fade et suscite surtout amplement moins de fous rires que son prédécesseur. Largement destiné à un public plus jeune puisque l'humour reste très enfantin et que l'on ne retrouve pas de passages aussi délirants et de clins d'oeil comme chez DreamWorks. Néanmoins, The Wild promet, tout de même, quelques bons moments notamment grâce à quelques personnages pimentés. Si l'originalité de Madagascar semble également s'effacer dans ce film d'animation, il n'en reste pas moins que visuellement, ce Disney se révèle particulièrement travaillé et qu'il dévoile une réelle beauté de l'image aussi colorée que très précise. Véritablement maîtrisés avec soin et minutie, la technique est impressionnante et ridiculiserait presque celle beaucoup plus puérile de Madagascar. Cependant, le soucis de réalisme empiète sur la personnification des animaux, au niveau des traits, et par conséquent, ils se montrent bien moins drôles pour les enfants que ceux qui parviennent à provoquer l'hilarité rien qu'à la vu de leur aspect physique, comme ceux aperçus dans Madagascar. On retrouve, bien évidemment, les discours moralisateurs habituels chez Disney, mais ils ne sont pas exacerbés au point d'en avoir la nausée. Très loin de l'esprit de Pixar, The Wild ne conserve pas le ton délirant et emprunt de parodie de Toy Story ou des Indestructibles, ce qui est réellement dommage lorsque l'on sait que la production Disney, Chicken Little, était parvenu à reconstituer l'humour irrésistible et désopilant des Pixar. Malgré des défauts évidents, on passe tout de même un moment très sympathique devant The Wild, et l'on peut applaudir le choix musical très agréable pour l'oreille qui permet notamment d'écouter une belle composition du répertoire de Coldplay.

Note film : 3/5
# Posté le vendredi 14 avril 2006 08:25
Modifié le samedi 15 avril 2006 10:57

Un policier remarquable signé Spike Lee!

Un policier remarquable signé Spike Lee!
Inside man - l'homme de l'intérieur
de Spike Lee

Genre : Policier
Durée : 2h10
Sortie cinéma française : 12 avril 2006
Nationalité : Film américain
Tous publics

Ce devait être le hold-up parfait, le chef-d'oeuvre d'un génie du crime.
Le décor : une grande banque de Manhattan. Les protagonistes : un commando masqué, cagoulé, lunetté et des dizaines d'otages affolés, contraints de revêtir la même combinaison passe-partout que les braqueurs.
L'enjeu : la salle des coffres et ses trésors ? Ou un vieux secret dont seuls deux personnes connaissent l'importance.
Aujourd'hui, confiné dans une cellule, le cerveau de la bande s'explique. Mais attention, chaque mot compte, et aucun indice ne vous sera livré au hasard. Prêts ?
Ce matin-là, donc, quatre peintres en batiment franchissaient le seuil de la Manhattan Trust Bank...


Très à la mode depuis le début des années 2000, les films de braquage et mettant en scène des gangsters sous un aspect bien moins caricatural et bien plus humain que dans de nombreuses oeuvres, se présentent comme le regain de ce genre de polars qui ont connu un grand succès dans les années 80 et ils ne cessent de se multiplier pour alimenter la soif de rémunération des producteurs arrivistes, ce qui explique d'ailleurs l'émergence d'innombrables films du genre parmi lesquels on retient par exemple The Score, Criminal, Arrête-moi si tu peux, Opération espadon, Braquage à l'italienne, Braqueurs amateurs ou encore Ocean's eleven.
Néanmoins, grâce à l'intérêt que portent certains des plus grands cinéastes hollywoodiens à ce genre de policiers, on aboutit à des oeuvres remarquables. Ainsi après la patte de Steven Spielberg et celle de Steven Soderbergh, c'est le réalisateur Spike Lee (Malcolm X, La 25e heure) qui poursuit le chemin de cette mode cinématographique dans laquelle participent les meilleurs cinéastes américains, déjà entamée, avec brio, par deux figures mythiques hollywoodiennes.

Bien que l'on ait l'habitude de voir le réalisateur américain Spike Lee à la tête d'oeuvres amplement plus engagées que ce nouveau policier, Inside man se dévoile tout de même comme un film admirable, à la fois divertissant et particulièrement intelligent. C'est, tout d'abord, grâce à un scénario brillant, adroit et étonnant que ce film se montre aussi captivant. Et même si l'on croirait, de prime abord, se trouver face à une histoire dénuée d'originalité en raison d'un point de départ amorcé de façon classique, à savoir par un hold-up et une prise d'otage, l'impression de banalité s'efface rapidement au profit d'innombrables ingéniosités qui ponctuent très fréquemment le récit et l'on est, au contraire, finalement stupéfait de voir à quel point Inside man regorge d'adresse, d'intelligence et d'astuce pour offrir une oeuvre magistrale et menée avec grand soin. Très vite passionné par le film, autant en raison d'une narration à la fois originale et audacieuse, qu'à la suite d'une histoire pleine d'entrain et véritablement bien rythmée, le spectateur est littéralement captivé par celui-ci et il est maintenu en haleine par un suspense haletant et par de nombreuses fausses pistes, perdues au milieu d'indices révélateurs, qui garantissent un moment de grand plaisir et de réflexion. Outre ce scénario particulièrement bien ficelé qui rend hommage, avec élégance, au polar américain de luxe, Inside man bénéficie de personnages intéressants, sombres et travaillés qui reflètent parfaitement l'ambiance du film, c'est-à-dire d'une noirceur incontestable. C'est, en effet, de manière incontestable que le cinéaste se plaît à embrouiller le spectateur quant à savoir quel est le véritable héros ou de savoir qui est le véritable gangster. A l'image de la complexité des personnages, décrits surtout sans le moindre manichéisme, on assiste à un discours, sans doute moralisateur, mais qui dénonce l'humanité sous un regard pessimiste et réaliste. Bien évidemment, le trio d'acteurs qui réunit Denzel Washington (Malcom X, Man on fire), Jodie Foster (Contact, Anna et le roi) et Clive Owen (Le roi Arhtur, Closer), tous impeccables et rivalisant de talents, contribuent largement à faire de ce film une oeuvre d'autant plus réussie. Inside man se présente ainsi comme un policier très bien mené et permet au cinéaste de s'immiscer, avec aisance, dans le cinéma à grand publique. Toutefois, cela n'empêche pas à Spike Lee de personnaliser son film et de lui apporter une singularité, notamment au niveau de la mise en scène dynamique et nerveuse qui ancre encore plus le spectateur au centre de l'action.

Note film : 4/5
# Posté le jeudi 13 avril 2006 12:20
Modifié le jeudi 13 avril 2006 13:35